LE FIL CONDUCTEUR
OU
LA DOCTRINE
DE LA
REINCARNATION
DANS LES
PARABOLES DE L’ EVANGILE
Par Mgr André LHOTE
A l’occasion d’une écoute radiophonique ou d’une émission de télévision, il arrive qu’on ait l’opinion de religieux, prédicateurs Catholiques, Pasteurs Protestants, considérés dans leurs Eglises respectives comme qualifiés, étant parfois chargés de responsabilités importantes dans l’enseignement. On est le plus souvent frappé de constater à quel point ces représentants des Eglises Chrétiennes Traditionnelles sont déroutés lorsqu’ils ont le devoir de commenter les Paraboles de l’Evangile.
Paraboles à la fois trop connues, et, à n’en pas douter, mal connues. On en arrive à se demander comment il se fait que depuis tant de siècles qu’on entend et commente ces paraboles, qu’on médite sur elles, on ne soit pas parvenu à découvrir le fil conducteur qui les relie toutes entre elles, qui en est la clé d’interprétation? Il est vrai que les théologies traditionnelles ne s’y prêtent pas, car il leur manque de connaître l’élément principal, la fonction de l’âme spirituelle humaine à laquelle toutes les paraboles se rapportent, et ainsi, de pouvoir comprendre quel précieux enseignement y est donné.
Tout se passe comme si, pendant des siècle, on avait respectueusement écouté la lecture de ces paraboles sans chercher à les comprendre vraiment lorsque leur sens littéral était difficile à admettre, ou même paraissait peu conforme au bon sens, ou ce qui est plus grave, au sens moral de l’Evangile. C’est sans doute cet excès de respect qui a empêché des recherches pouvant conduire à un éclaircissement général, et maintenant, c’est un excès d’irrespect qui fait traiter légèrement par la génération des «nouveaux prêtres», ces récits mystérieux demeurés sibyllins, et qui, se bornant à une grossière critique du sens littéral, les traitent comme des contes de bonnes femmes. Et pourtant…
Pendant des siècles, la masse des chrétiens n’a pas été trop exigeante à l’égard de la crédibilité du système de foi qu’on lui imposait. Un système hautement intellectualisé certes, et qui prétendait interpréter définitivement l’Ecriture, enfermant cette interprétation dans un cadre dogmatique dans lequel elle devait s’insérer «de gré ou de force». Il arrivait que les conclusions de ce système théologique apparaissaient à certains chrétiens incroyables ou injustes, mais à part les insatisfaits qui cherchaient leur voie au péril de leurs vies dans les sociétés initiatiques en dépit de rigoureuses persécutions, qui s’en souciait alors?
Ceux qui avaient le goût de la sainteté aimaient Dieu tout simplement, sans se poser et sans Lui poser des questions. Les plus zélés de ceux qui faisaient partie du plus grand nombre des âmes médiocres s’aménageaient des sécurités à l’intérieur du cadre d’observances qui leur étaient imposées, et, satisfaits d’eux- mêmes, attendaient la récompense à laquelle ils pensaient avoir droit par leur docile acceptation des doctrines de l’Eglise.
Dans les temps modernes, à partir de la Renaissance, se produisit une importante stimulation intellectuelle générale, et de plus en plus de chrétiens ont commencé de s’interroger sur leur foi. Certains, tel Voltaire, ont cherché ce que l’Ecriture pouvait bien signifier, en lui appliquant les critères de la raison ordinaire et de la raison courante, et leur tentative n’a laissé pour héritage dans la pensée de leurs contemporains et des générations suivantes, que l’amère trace de leurs doutes. Trace qui a été assez profonde pour décourager des générations d’hommes davantage gouvernés par l’intellect que par les sentiments, et à cause de cela, incapables de ressentir intuitivement le Beau et le Bon, et de dépasser la barrière du mental «destructeur du réel» comme dit un aphorisme oriental.
Pendant ce temps, les Eglises traditionalistes employaient les talents des meilleurs de leurs fils à défendre dans sa totalité l’indéfendable dogmatisme. Vers la fin du siècle dernier apparut le Modernisme ou tentative de rationaliser la religion, qui gagna rapidement des partisans dans le clergé et aussi parmi les laïcs. Il s’agissait surtout de faire admettre à l’Eglise les conclusions de la critique rationaliste sur tant de points, que tout le dogmatisme en était ruiné sans qu’une solution d’ensemble puisse être proposée pour remplacer le système chancelant. Certains clercs et laïcs s’étaient donc mis à la tâche impossible de concilier avec la raison, la foi dont les générations antérieures avaient hérité. C’est alors qu’un Pape énergique, Pie X, ayant compris qu’en quelques décennies la religion s’effondrerait, minée de l’intérieur, si le Modernisme s’étendait, réagit avec vigueur, et pour une soixantaine d’années, le mouvement parut s’être arrêté.
Mais de nos jours, sous le nom de Progressisme, le Modernisme ressurgit sous une forme encore plus destructive que jadis, et le désir de rationaliser la foi conduit même des religieux à critiquer le contenu des Ecritures avec encore plus d’irrespect que ne le fit Voltaire. Ces paraboles Evangéliques, qui ont tant d’attrait si on sait les comprendre, leurs sévères critiques de nos jours, n’étant plus retenus par le respect des temps anciens, s’aperçoivent que, prises dans leur sens littéral et naturel, elles sont la plupart du temps dépourvues de sens moral, qu’elles paraissent encourager l’égoïsme - comme la parabole des vierges sages et des vierges folles - favoriser la paresse ou les conversions tardives aux dépens de ceux qui ont toujours défendu leur foi et, tels les Ouvriers de la Première Heure ont peiné sous l’ardeur du soleil comme dans la célèbre parabole du Maître de la Vigne ou dans celle du Fils Prodigue - laisser au hasard les chances d’une rapide croissance spirituelle comme dans la Parabole du Semeur - faire montre d’une indulgence coupable comme dans la Parabole de l’Econome Infidèle, laisser apparaître une excessive dureté vis-à-vis des injustes comme dans la Parabole du Bon grain et de l’Ivraie.
La Parabole des Talents, avec à la fin cette étrange phrase pour la commenter: «à celui qui n’a pas, on ôtera même ce qu’il a» paraît mettre un comble à l’injustice. Pour avoir un sens moral quelconque, il faut bien que la Parabole du serviteur à qui on remet sa dette et exige de ses propres débiteurs ce que son maître n’a pas exigé de lui doit évidemment avoir une autre signification que celle du sens littéral.
On a souvent parlé de la simplicité évangélique !
L’Evangile serait si clair qu’un «petit enfant» pourrait le comprendre! Mais les difficultés qu’on rencontre en cherchant à expliquer les Paraboles qui se trouvent dans les Evangiles Synoptiques montrent bien qu’on s’est mépris sur le sens de l’apostrophe évangélique: «Je Te rends grâces de ce que Tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que Tu les as révélées aux enfants» (Matthieu, XI, 25) qui dit en réalité le contraire de ce qu’on lui fait dire. Cela signifie que les «initiés» seuls(les petits enfants), peuvent comprendre les mystères du Royaume, et que ces mystères sont inaccessibles à ceux qui se servent du raisonnement(et actuellement de l’érudition, cette arme tranchante entre les mains des modernistes).
Il est pourtant bien établi que Jésus a donné un enseignement par degrés. On sait aussi que la plus grande partie de cet enseignement n’a pu parvenir jusqu’à nous que par des voies sans doute amoindries de notre Tradition. En chaque occasion- et il a pu y en avoir d’autres- où l’Evangile nous montre Jésus en se retirant avec ses disciples choisis(les 70 ou les 12) pour leur donner des enseignements secrets, ceux-ci
n’apparaissent pas dans nos textes. A peine si parfois une Parabole est sommairement expliquée, ou plutôt, expliquée de telle façon que seuls ceux «qui ont des oreilles pour entendre» puissent comprendre l’explication.
Ainsi, pour comprendre d’une façon générale toutes les Paraboles de l’Evangile qui, mystérieusement, se rattachent les unes aux autres, il manque au lecteur un «Fil conducteur», une explication très générale qui seule permet de dégager le sens de chacune d’elles et de montrer, à la place de déconcertantes incertitudes morales et psychologiques qu’on y trouve, un lumineux et profond enseignement décrivant les diverses phases d’une évolution spirituelle de l’humanité à l’intérieur d’un vaste plan à l’échelle du Cosmos.
Il faut donc que le lecteur de l’Evangile porte une grande attention aux passages où précisément nous sommes prévenus qu’il faut avoir «des oreilles pour entendre» pour bien en saisir la portée. A - t - on suffisamment remarqué que, après avoir affirmé à propos de Jean Baptiste: «C’est lui qui est cet Elie qui devait venir», Jésus ajoute: «Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende». (Matthieu, XI,14/15), tandis que plus loin Jésus affirme: «Mais je vous dis qu’ Elie est déjà venu, qu’ils ne l’ont pas reconnu et qu’ils l’ont traité comme ils ont voulu». (Matthieu XVII,12) (allusion à la décollation de Jean- Baptiste).
Ces passages ainsi que la recommandation de préserver le secret d’un enseignement réservé, établissement nettement qu’il s’agit non d’un cas particulier mais d’une loi de la Nature, car n’est – il pas dit qu’ «Elie était un homme de la même nature que nous?» (Jacques V,17). Autrement dit, en ce qui concerne ce problème particulier, la réincarnation d’Elie en la personne de Jean Baptiste n’est pas un fait hors nature, mais une loi commune à l’humanité toute entière.
Le fait même que le réincarnation soit contredite dans un verset de l’ Epître aux Hébreux et sous-entendue dans un autre de la même Epître (Voir Héb. IX,27 et Héb. XII,23) montre que cet enseignement ne devait pas être divulgué. Tous les avertissements concernant les «oreilles» qui doivent s’ouvrir pour entendre sont autant d’explications que l’enseignement sur la Réincarnation doit être systématiquement appliqué à l’explication de toutes les paraboles que nous aurons à étudier. Cet enseignement est en effet le «Fil conducteur» qui permet valablement d’interpréter toutes les paraboles sans cela obscures de l’Evangile, nous pourrions ajouter volontairement obscures.
Il faut, pour bien comprendre, rapprocher cet enseignement d’une juste appréciation de l’importance de l’Esprit dans la constitution de l’homme, car cette appréciation est la base même de la doctrine. Elle et elle seule permet de comprendre certaines des plus difficiles à admettre dans leur sens littéral des paraboles évangéliques: celle en particulier de l’Econome Infidèle que nous allons analyser maintenant.
Voici cette Parabole: «Un homme riche avait un économe qui lui fut dénoncé comme dissipant ses biens. Il l’appela et lui dit : «Qu’est – ce que j’entends dire de toi? Rends compte de ton administration car tu ne pourras plus administrer mes biens». L’économe dit en lui-même: Que ferai-je puisque mon maître m’ôte l’administration de ses biens ? … Je sais ce que je ferai pour qu’il y ait des gens qui me reçoivent dans leurs maisons quand je serai destitué de mon emploi. Et faisant venir chacun des débiteurs de son maître, il dit au premier: «Combien dois – tu à mon maître? «Cent mesures d’huile» répondit – il. Et il lui dit : «Prends ton billet, assieds - toi vite et écris : cinquante». Il dit ensuite à un autre: «Et toi, combien dois- tu?» «Cent mesures de blé» répondit-il. Et il lui dit: «Prends ton billet et écris: quatre-vingts».
Le Maître loua l’économe infidèle de ce qu’il avait agi prudemment. Car les enfants de ce siècle sont plus prudents que ne le sont les enfants de lumière. Et moi je vous dis: faites vous des amis avec les richesses injustes, pour qu’ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels quand ils viendront à manquer. Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes; et donc vous n’avez pas été fidèles dans les richesses injustes, qui donc vous confiera les véritables? Si donc vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui donc vous donnera ce qui est à vous?
Il est impossible de trouver une explication cohérente de cette parabole si on part de ce principe que le Maître de l’Econome représente le Dieu Créateur Transcendant et l’économe la créature humaine . Mais tout est différent et s’éclaire si on comprend que le Maître est Dieu Immanent, reflété par le Soi Spirituel de l’homme. La notion d’Immanence est en effet la clé d’interprétation correcte de toutes les paraboles de l’Evangile. Tout ce qui est dit sur le «Royaume de Dieu» se rapporte à cette Immanence consciemment reconnue, Immanence qui se projette dans un «contenant» où elle se développera en puissance, et qui est l’Esprit de l’Homme.
L’économe infidèle, le second personnage de la parabole représente la personnalité humaine, qui est appelée à la mort à rendre compte à son Maître, l’Esprit Immortel, de ses actions et exactions, car c’est lui, le Moi Spirituel qui est son juge.
Beaucoup d’expériences confirment qu’au moment où la personnalité va mourir, elle revoit la succession des évènements qui ont marqué la vie. De même que pour un maître il y a deux sortes possibles d’économes, un qui soit fidèle et l’autre non, il existe pour l’homme deux voies possibles de développement spirituel. Suivant l’une de ces voies, la «voie étroite» décrite par l’Evangile par ailleurs, la personnalité travaille directement pour le bénéfice de son maître le Moi Spirituel à accroître les richesses Justes qui s’y accumulent, et qui font sa grandeur. Ces Richesses Justes sont les vertus ou les pouvoirs qui se fortifient dans les luttes que l’homme a à livrer contre lui-même et contre les circonstances adverses et les «ennemis» que des actions antérieures ont pu placer en face de lui. Cette voie idéale suivie par les hommes de bonne volonté suppose que la personnalité, l’intendant des biens du Soi Supérieur, s’est disciplinée, s’est effacée devant la volonté du Maître.
Quand l’économe infidèle comprend qu’il va avoir à rendre compte de sa gestion devant son Maître, nous voyons qu’il ne pense pas à lui rendre les richesses qu’il détient indûment. Car les richesses injustes- tel par exemple un développement orgueilleux et séparateur de l’intellect- font partie du monde mortel. Il n’en restera pour le Moi que le souvenir, sous forme de capacités innées permettant, dans une future personnalité, de les acquérir de nouveau. Au contraire, il fait des générosités avec ce qui est dû à son Maître par ceux auxquels il a prêté des biens matériels. Ces débiteurs de la Parabole, représentent des personnalités incarnées simultanément dans le monde en même temps que celle qui représente le Maître. Ce sont des «enfants du siècle» qui sont «plus prudents que ne le sont les enfants de lumière à l’égard de leurs semblables». Alors que le Moi vit dans la durée, la personnalité vit dans le temps. Les «enfants de lumière» sont les êtres humains sur le plan de la conscience égoïque. Ils n’ont pas à être «prudent» les uns vis-à-vis des autres, car sur le plan de l’Unité Egoïque, l’unité entre les êtres est profondément ressentie. Sur ce plan où vivent les «enfants de lumière» que sont les Egos, il n’ y a pas d’ennemis, pas de créanciers, pas de débiteurs. Seule une parfaite unité peut y être éprouvée et vécue. C’est parce que le point de vue de l’Ego est généralement tellement différent de celui de la personnalité que nous sommes étonnés dans nos consciences ordinaires de constater à quel point le Maître paraît peu s’intéresser au sort de ses biens. Du point de vue de l’Ego, seul compte l’accomplissement du Plan Divin.
Cependant, chaque Ego a animé au cours des âges des personnalités successives, et dans notre Parabole; des personnalités animées par eux se sont montrées alors les débiteurs de celles que l’Ego, représenté par le Maître dans la Parabole, avait animées lui aussi. Ces dettes correspondent à des violations de la loi dans les mondes inférieurs, et c’est seulement dans les mondes inférieurs qu’elles peuvent être acquittées. D’une curieuse façon suivant le point de vue habituel, puisque c’est l’intendant qui remet lui–même une partie des dettes. Ne soyons pas surpris que le Maître l’en félicite. Cette remise est conforme à l’idéal exprimé dans les «Béatitudes», la grande charte du renoncement qu’il appartient aux disciples du Christ de vivre…. «Si quelqu’un veut prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau! «La grande loi occulte du réajustement karmique veut que, pour nous dégager des anciennes querelles, il nous faut faire les premiers pas du dégagement. On nous doit quelque chose? à nous de remettre la dette, qui ne peut être remise que dans le monde inférieur où elle a été contractée. C’est pourquoi le Maître, l’Ego, qui n’a en vue que l’accomplissement du Plan, félicita l’économe infidèle de son infidélité, qui est fidélité à ses vrais desseins.
Il est une Parabole qui parait d’autant plus simple qu’une explication en est donnée, notamment dans Marc et dans Matthieu, et qui figure aussi dans Luc, c’est la Parabole du Semeur. Cette explication est complétée par l’avertissement «que celui qui a des oreilles pour entendre entende», et nous avons déjà constaté que cet avertissement est comme un signal qui nous indique que la véritable explication, qui doit demeurer étrangère à la foule, est donnée par le «fil conducteur» qui permet d’interpréter correctement ces enseignements secrets de l’ Evangile que sont les Paraboles et qui seul le permet: à savoir la doctrine du perfectionnement par les réincarnations, doctrine insérée dans une loi générale de causalité. Voici le texte de cette Parabole tel qu’il apparaît dans Marc :
«Un semeur sortit pour semer. Comme il semait , une partie de la semence tomba le long du chemin; les oiseaux vinrent et la mangèrent. Une autre partie tomba dans un endroit pierreux, où elle n’ avait pas beaucoup de terre; elle leva aussitôt parce qu’elle ne trouvait pas le sol profond; mais le soleil parut, elle fut brûlée et sécha faute de racines. Une autre partie tomba parmi les épines; les épines montèrent et l’étouffèrent, et elle ne donna pas de fruit. Une autre partie tomba dans la bonne terre; elle donna du fruit qui montait et croissait; et elle rapporta trente, soixante, cent pour un. Puis il(Jésus) dit: «Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende». Lorsqu’il fut en particulier, ceux qui l’entouraient avec les douze, l’interrogèrent sur les paraboles. Il leur dit: c’est à vous qu’a été donné le mystère du Royaume de Dieu; mais pour ceux qui sont au dehors, tout se passe en paraboles, afin qu’en voyant, ils voient et n’aperçoivent point; qu’en entendant, ils entendent et ne comprennent point, «de peur qu’ils ne se convertissent et que les péchés ne leur soient pardonnés». Il leur dit: «Vous ne comprenez pas cette parabole? Comment donc comprendrez-vous toutes les paraboles?»
Puis vient l’explication sommaire de la parabole, qui en fait n’explique pas grand-chose que nous n’ayons pu aisément deviner: la semence représente la parole de Dieu. Les diverses conditions défavorables de la réception de la parole représentent toutes les difficultés et tentations qui nous empêchent de la mettre en pratique. Quant aux conditions favorables, rien n’explique les raisons d’une fructification différente, sinon une «grâce» diversement mesurée. Et nous ne comprenons pas non plus pourquoi ceux «qui n’ont pas d’oreilles pour entendre». ceux qui ne sont pas membres du «clan privilégié» des disciples, ne devraient pas «se convertir» et «être pardonnés» eux aussi, alors que, en toute justice, conversion et pardon devraient être à la portée de tous? Si Dieu est le Père aimant de tous, pourquoi les conditions de la vie spirituelle ne se manifestent - elles pas comme une constitution démocratique?
Ainsi, sans «fil conducteur», l’explication même donnée par Jésus ne peut nous satisfaire. La parabole parait étrange à plus d’un égard. Non que les explications sur les conditions plus ou moins défavorables de la croissance de la plante et du développement de la semence soient en elles-mêmes discutables, car elles tombent sous le sens; mais ce sont plutôt les autres commentaires paradoxaux qui étonnent, et on comprend sans peine que, pour que ces explications n’aient pas un caractère désespérant, il nous faut faire un effort particulier pour «apercevoir» au lieu de «voir», «comprendre» au lieu d’entendre». Encore faut-il que nous soyons munis de clés qui nous permettent de faire cet effort. Et lorsque nous pouvons faire usage de ces clés, nous découvrons que toutes les clauses restrictives à l’égard de la multitude ne sont pas dictées par la sévérité excessive, voire la dureté, mais au contraire par la sagesse et la compassion. Pour ceux qui n’ont pas le développement nécessaire, la révélation des mystères du Royaume pourrait être néfaste; soit elle ralentirait leur effort, soit elle risquerait de les entraîner vers un effort prématuré, donc intempestif qui ne produirait en eux que des illusions causées par la croyance en un «salut à bon compte». Et si nous considérons l’évolution de la chrétienté vers une «religion d’observances», nous ne pouvons que constater que les précautions du Maître n’étaient que trop justifiées.
Nous avions été avertis qu’il y avait des différences de grandeur même parmi ceux qui appartenaient au «Royaume de Dieu». C’est ainsi que Jean Baptiste, le plus grand parmi ceux qui sont nés de la femme est plus petit que le moindre des membres de la Communion des Saints. Aussi ne sommes-nous pas étonnés de constater des différences entre ceux «qui portent des fruits». Même parmi ces hommes de bonne volonté, il y a des différences de maturité spirituelle, et nous comprenons sans peine que ces différences sont encore accentuées entre eux, l’élite des disciples, et les hommes qui composent la multitude, ceux qui suivent la voie large. Chez certains, le développement intérieur provoqué par la «Parole», c'est-à-dire par la mise en pratique de l’enseignement du «sentier direct» telle qu’elle est proposée dans les «Béatitudes» a conduit à un commencement de la vie spirituelle ou «initiation», encore limité tel qu’il est représenté par les trente grains de blé dans l’épi, beaucoup plus poussé lorsqu’il est représenté par les soixante grains, qui en Orient est décrit comme ayant la stature de l’Arhat, stature représentée par la renonciation volontaire à la vie suivie de la Résurrection, tandis que l’épi à cent grains représente la perfection, la stature de l’Homme Parfait, telle qu’elle est symbolisée par la fête chrétienne de l’Ascension.
Nous sommes surpris de cette mise en garde de l’Instructeur au sujet d’un certain danger de «conversion» et de «pardon». Ce danger c’est celui qui se présente à ceux qui, à cause de leur manque de maturité, n’ont pu avoir la révélation de la longueur et de la lenteur du processus évolutif. Ignorants du fait que l’homme vit de nombreuses fois et est soumis à la loi de rétribution, ils pourraient croire qu’il suffit de regretter ses fautes pour que celles-ci soient effacées par le «pardon des péchés», et d’affirmer la croyance en la Personne et en la mission du Christ pour qu’on soit vraiment chrétien. La vraie «conversion» ne consiste pas seulement en une profession de foi, toujours nécessaire, mais dans un changement total de la vie que l’on veut conforme aux exigences de l’Evangile.
Pour ceux qui ne sont capables encore de suivre la «voie étroite», la Religion est nécessaire, et un enseignement moins abrupt et moins exigeant est donné, plus conforme à la morale courante. L’avenir subséquent a montré qu’une sorte de Christianisme Populaire se ferait jour, avec de prétendues conversions spectaculaires, des espérances illusoires d’un ciel presque matériel. Comme le Christianisme authentique ne pouvait s’abaisser jusqu’à la médiocrité de la foule, il était à craindre- et c’est ce qui s’est passé– que les chrétiens chercheraient à obtenir un impossible pardon par ce qui est devenu l’abus du sacrement de pénitence- abus qui est pour une bonne part la cause de la décadence des mœurs chrétiennes- et que le «pécheur habituel», sous le coup d’une exaltation sentimentale sans lendemain, proclamerait bruyamment sa conversion, quitte à retomber plus tard dans ses erreurs, ou en conservant sincèrement l’illusion qu’une déclaration de croyance pouvait tenir lieu de salut. La loi de causalité, exprimée dans l’Epître aux Galates, que «l’homme récolte ce qu’il aura semé» nous enseigne au contraire que le pardon des péchés ne s’obtient que lorsque la cause qui a créé toute douleur humaine à été effacée par celui-là même dont l’action avait violé la Loi. Dans les restrictions formulées par la parabole à l’égard de ceux qui ne sont pas initiés aux «Mystères du Royaume de Dieu», se trouve implicitement contenue la condamnation d’une Religion de la facilité, religion suivie par la grande masse des chrétiens et qui, de nos jours, a fini par obscurcir le sens véritable de la Religion.
Mais la Parabole est susceptible d’une interprétation à la fois plus profonde et plus complète. Lorsque nous entendons cette parabole, nous avons invinciblement le sentiment que le semeur est Dieu, et plus exactement le Verbe Créateur de Dieu, et que la semence jetée en terre représente l’Esprit humain immortel fait à l’image de Dieu, Esprit dans lequel le Verbe de Dieu s’est incarné, Lui qui donne sa vie à tous les êtres. Ainsi la parabole ne représente plus seulement les conditions qu’il faut avoir réunies pour conquérir la maturité spirituelle, mais aussi le vaste tableau de la création et de l’évolution dans leur ensemble. Le déroulement chronologique des incidents de la parabole rappelle le début stérile de l’évolution humaine, lorsque la vie spirituelle est profondément enfouie et endormie dans la conscience. Les divers stades du développement de la conscience sont ainsi décrits. Le premier stade correspond à la période la plus longue, celle où la stérilité spirituelle est à peu près totale. L’être humain vit dans sa conscience inférieure, ne s’intéresse qu’aux choses matérielles et ne répond pas aux sollicitations venues de l’extérieur capables d’élever son niveau moral, telles les pratiques véritablement religieuses d’un culte pur et désintéressé. C’est un stade où l’être humain s’intéresse davantage à la magie propitiatoire qu’à la religion. Seul le culte des «faux dieux» a de l’intérêt pour lui parce qu’il concerne ses conditions matérielles. Dans le stade suivant, le grain arrive à germer, mais se dessèche rapidement parce qu’il n’ y a pas d’humidité. Ceci décrit un stade d’évolution partagé actuellement par la grande majorité des humains. Le grain qui germe indique que les expériences des personnalités successives se sont transmuées en pouvoirs pour le Moi Spirituel. Mais ces pouvoirs sont encore faibles, et en particulier le manque d’amour(symbolisé par l’humidité) ne permet qu’une faible manifestation des pouvoirs du Moi Spirituel. Au stade suivant, la plante se développe bien, car il y avait assez d’humidité. Le Moi Spirituel a accru ses pouvoirs. Mais ces pouvoirs ne sont pas encore assez puissants pour conduire à la victoire. A ce stade a lieu le grand combat entre l’attrait de la vie supérieure et l’attachement à l’aspect inférieur de la vie, à tout ce qui intéresse le développement psychique. Ces soucis de la vie peuvent bien représenter les difficultés matérielles que nous pouvons rencontrer. Non seulement il y a dans la conscience des éléments relativement puissants répondant à un certain développement du Moi Spirituel, mais aussi y a -t- il des germes d’attachement au monde.
Ces tendances se développent simultanément, et finalement, la victoire revient au monde inférieur. Une certaine vie s’est manifestée, un développement jusqu’à un certain niveau s’est produit, mais la vie psychique a étouffé la vie spirituelle. Ce stade s’applique tout particulièrement à ceux chez lesquels le développement intellectuel a pris le pas sur le développement spirituel.
L’enseignement de Jésus s’adresse presque uniquement aux disciples confirmés, à ceux qui pourraient faire fructifier les pouvoirs latents du Moi Spirituel. A chaque nouvelle existence, chacun naît avec un potentiel spirituel en rapport direct avec les pouvoirs antérieurement acquis. Ces pouvoirs diffèrent en possibilité et en grandeur selon les individus, et aussi suivant leur «destin», plus ou moins favorable à la fructification définitive.
La Parabole est suivie de ce verset mystérieux, qui, si nous ne possédions le «fil conducteur», nous paraîtrait profondément injuste: «car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance; mais à celui qui n’a pas, on ôtera même ce qu’il a». Ce qui signifie que le don de la grâce n’est accordé qu’à celui dont la grandeur spirituelle permet qu’il en profite. Bien entendu, il ne s’agit pas ici de biens matériels, car ceux-ci sont absolument indépendants de la grâce. Même, on pourrait facilement trouver dans les récits des mystiques qui ont éprouvé la grâce, que celle-ci s’est surtout manifestée au milieu des plus grandes difficultés. La maturité fait s’entrouvrir les fenêtres de l’âme, et à travers celle-ci la grâce divine pénètre.
Tant que l’amour ne règne pas en nous, d’une façon discontinue ou permanente, nous ne sommes pas saufs, nous sommes en possibilité de «perdre notre âme» comme dit l’Evangile. L’ère de développement presqu’exclusif de l’intellect aux dépens des sentiments que nous vivons est particulièrement dangereuse. Comme l’a dit un grand instructeur spirituel cette génération risque l’anéantissement pur et simple. L’égoïsme poussé à l’extrême peut conduire l’être humain à la déshumanisation par le dessèchement et la cessation des échanges entre le Moi Spirituel et la psyché ou âme. Il peut se produire- et il se produit en fait- que l’Esprit retourne à sa source, et que l’âme, détachée, devienne une entité.
Les paraboles de l’Evangile expliquées grâce au «Fil conducteur» de la doctrine de l’Evolution par les Réincarnations, apparaissent être en rapport étroit les unes avec les autres. C’est ainsi que la Parabole des Talents est en rapport étroit avec celle des Vierges Sages et des Vierges Folles. Et cette dernière est elle- même en rapport étroit avec celle du Maître de la vigne. Elles s’éclairent et se complètent l’une par l’autre.
La Parabole des Talents rappelle cette réalité exprimée dans d’autres Paraboles, notamment celle du Semeur, qu’il existe entre les humains des différences de maturité spirituelle. C’est cette idée qui est liée aux différents degrés de succès remportés par les serviteurs fidèles dans la fructification des Talents. Quant à la punition infligée à celui qui a «enterré son talent», elle est en rapport avec les mystérieux avertissements donnés par Jésus au sujet de la «perte de l’âme». Le talent était une valeur monétaire considérable au temps de Jésus. La parabole ne précise pas s’il s’agissait de talents d’argent ou de talents d’or. On sait que l’or est un symbole de perfection, parce qu’il est un métal incorruptible. Les différences entre les gains des bons serviteurs représentent celles existant entre l’approche de la Perfection et la Perfection elle-même. La correspondance symbolique entre les talents d’argent et les talents d’or était de un à dix. Ainsi, les dix talents d’argent correspondaient à un talent d’or; et celui-ci correspond à la Perfection atteinte. Si à celui qui a remporté la victoire de l’Unité on donne le talent qui n’avait rien rapporté, c’est pour confirmer que l’Unité a été atteinte, et que rien ne peut être ajouté à l’Unité.
Dans cette parabole, le Maître qui était parti pour un long voyage symbolise le long périple de la Monade ou «Unité Divine», qui «place son avoir» dans un Moi Spirituel Immortel ou Ego, qui devra faire germer et grandir la Divine Semence.
Si nous considérons les raisons données par le mauvais serviteur, nous constatons que celui-ci a méconnu la nature de Dieu. Il n’a pas compris la signification de la loi du Bien et du Mal qu’il avait été envoyé dans le Monde pour connaître. Il a vu la dureté d’un Maître là où il n’ y avait qu’une juste rétribution par une Loi Unique de Cause à Effet promulguée pour le perfectionnement du Moi Intérieur. Le mauvais serviteur personnifie l’échec devant la Loi. Il est typique de l’être humain qui, pour éviter les expériences souvent douloureuses de la vie, se confine dans une coupable et égoïste inaction.
Cet être humain, devenu égoïste et avare de ses expériences, a peu à peu amoindri puis arrêté le courant de vie qui doit circuler entre le Moi spirituel et la Personnalité, car c’est au moyen des expériences de cette dernière, et singulièrement des expériences douloureuses, qu’est extraite la quintessence de sagesse qui fait mûrir l’Esprit et l’amène à la Connaissance de la Loi. L’être humain qui est comme le mauvais serviteur, a littéralement «éteint» l’Esprit. Cette absence de communication entre la personnalité et l’Esprit, causée par l’égoïsme poussé à l’extrême c’est en vérité le «péché contre le Saint-Esprit», non pas le Saint- Esprit Transcendant, mais le Saint- Esprit qui est en nous, et qui est une graine qui doit être arrosée par les eaux de l’Amour. L’égoïste s’est détruit lui-même. C’est pourquoi on lui ôte ce qu’il a, l’Esprit devenu comme mort entre ses mains, et l’Esprit «retourne à Dieu qui l’a donné», se réunit à la perfection divine symbolisée par les dix talents d’argent devenus un talent d’or.
Considérons maintenant la «Parabole-Sœur», celle des Vierges Sages et des Vierges Folles, qui nous apprend cependant des vérités complémentaires.
Dans son sens banal, elle signifie seulement que nous devons toujours nous tenir prêt à «entrer avec l’époux». Mais bien entendu, elle veut aussi dire bien autre chose et est susceptible de nous instruire beaucoup si nous savons la lire avec soin, ce qui nous permet d’en découvrir le sens caché.
Elle aussi nous fait constater les différences de maturité et de croissance existant entre les divers «Moi» spirituels. Mais malgré l’apparence dramatique de la porte qui se referme devant les Vierges Folles, le sort de celles - ci est bien moins grave que celui du mauvais serviteur. Leur position est en réalité plus proche de celle du serviteur qui a médiocrement fait fructifier son talent que celle de ce serviteur à qui on a pris «même ce qu’il a» comme nous allons d’ailleurs le voir.
Leur sort, que nous allons étudier en détail, nous apprend que l’évolution spirituelle de l’humanité ne procède pas d’une façon continue, mais se divise en «cycles» nettement distincts les uns des autres. La porte fermée signifie seulement que le cycle à l’intérieur duquel les «Vierges Folles» évoluaient, s’est refermé sur lui-même, contenant son contingent bien déterminé de consciences humaines susceptibles d’atteindre en toute certitude la perfection tandis que l’évolution continue à s’ y dérouler. La réunion des «Vierges Sages» avec l’Epoux représente les noces mystiques de l’Esprit humain avec la Divinité, les rapports spirituels entre Dieu et l’homme ayant souvent dans l’Ecriture, aussi bien dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament, été comparés au mariage.
Les Vierges Sages et les Vierges Folles attendent l’Epoux. Les unes et les autres ont de l’huile, ce qui signifie qu’elles ont eu au moins un commencement de maturité spirituelle ou ont définitivement conquis cette maturité, suivant qu’elles n’ont pas ou ont suffisamment d’huile pour attendre la rencontre avec l’Epoux( qui est le Dieu immanent).
La Sagesse, représentée par l’huile des lampes, est le fruit d’une longue expérience qui, suivant notre thèse, s’étend en durée sur des âges sans nombre. Aussi est - elle incommunicable. Les Vierges Sages ne doivent ni ne peuvent compenser l’épreuve que les Vierges Folles vont avoir à subir. Aussi leur donnent-elles le meilleur conseil: «allez en chercher chez ceux qui en vendent» afin qu’elles en aient à leur tour en suffisance pour attendre l’Epoux. Ceux qui vendent l’huile sont la représentation allégorique de toutes les innombrables expériences qui finissent par dispenser la sagesse. Elles suivent le conseil, mais quand elles reviennent en possession de l’huile, c'est-à-dire de la sagesse qui donne l’expérience, la porte a été fermée; le cycle est clos, il n’est plus possible aux êtres humains même convenablement préparés, de continuer leur évolution dans le présent cycle. Lorsqu’elles attendaient l’Epoux en même temps que les Vierges Sages, elles n’étaient pas encore entrées dans cette phase de réalisation qui exige une grande maîtrise et suffisamment de sagesse- seulement à ses commencements de réalisation- pour que la conscience y soit établie à jamais, cet état où il n’y a pas de conflit possible entre la raison- qui est si peu souvent sage- et la Vraie Connaissance. Cette phase du développement humain où la Sagesse illumine définitivement la conscience, réalise ce que la théologie traditionnelle appelle la «Lumière de Gloire», état de conscience qu’elle estime être surnaturel et que nous estimons, nous, être naturel. Le changement entre cet état de conscience et celui de la conscience antérieure au changement, la conscience «ordinaire» et «inférieure», est tellement fondamental que les théologiens qui l’ont décrit ont pu croire qu’un Dieu extérieur venait habiter en nous, que la spiritualité ainsi éprouvée et ressentie, nous était comme «infusée».
Cependant, suivant notre façon de voir, la phase préparatoire comme celle où les Vierges Folles ont un peu d’huile avec elles, tout comme la phase terminale de l’approche de Dieu, alors que les Vierges Sages ont avec elles suffisamment d’huile, c'est-à-dire de Connaissance, pour entrer avec l’Epoux, sont naturelles, et le changement d’un état à un autre peut se faire d’une façon tellement insensible, que les Vierges Folles, inconscientes de ce qu’elles n’avaient pas assez d’huile, pouvaient se croire en situation de pénétrer dans un état de conscience supérieur. Elles croyaient pouvoir emprunter à d’autres(comme certains ont l’illusion de pouvoir accéder à la Connaissance par les Connaissances) de ce qu’elles pensaient ne représenter qu’une différence minime de quantité entre leur stock et celui des «Vierges Sages». Elles ne pouvaient comprendre qu’il y avait comme un abîme entre ces dernières et elles-mêmes, abîme entre la conscience fragmentaire et partielle du monde spirituel, les « commencements de la gloire», et la Gloire elle–même; abîme qui ne correspond pas à une distance dans le temps et l’espace, mais à une différence de concentration, de détermination vers le but à atteindre; différence entre le cycle présent et le cycle d’un idéal encore inaccessible de l’avenir.
Cependant, quand les «Vierges Folles» devenues alors plus sages, ont enfin rempli leurs lampes et reviennent vers la maison de l’Epoux, la porte avait été fermée, c'est-à-dire que le cycle s’ était refermé sur lui-même et qu’il n’était plus temps d’entrer?.
Est- ce à dire que ces âmes qui avaient fini par acquérir suffisamment de sagesse pour prétendre à l’Union avec Dieu- certes avec un retard important- sont définitivement rejetées? qu’elles seront écartées à jamais du Divin Epoux ? Non, elles devront attendre seulement un autre cycle, ultérieurement, et dont elles seront devenues alors les «Vierges Sages» car l’accès à la vie spirituelle est uniquement une question de maturité.
Au cours de l’Evolution Spirituelle, il y a de grands cycles, et à l’intérieur de ceux-ci, de petits cycles dont la succession constitue le plus grand cycle. Chaque cycle au cours duquel une certaine qualité de l’âme a été spécialement développée et stimulée, se termine par une sorte de jugement, l’âme ayant à faire montre du degré auquel cette qualité a été poussée. Il se peut que le cycle futur au cours duquel ces âmes connaîtront l’union avec Dieu succède immédiatement au précédent, et alors l’attente, selon notre façon de comprendre, sera courte. Il se peut aussi que le cycle qui vient de se clore soit un «Jugement Dernier» coïncidant avec la fin d’un grand cycle. L’attente sera alors beaucoup plus longue. C’est ce que nous indique la Parabole du Maître de la Vigne.
Cette parabole est généralement comprise comme signifiant que Dieu accueille dans son «ciel» les repentants tardifs aussi bien sinon mieux ceux qui toute leur vie ont vécu comme des justes. Mais nous savons bien qu’un tel «ciel» n’existe pas; que le «ciel» n’est pas un état de la conscience, que c’est seulement l’Union avec Dieu, et qu’une telle expérience ne peut être presque sans rapport avec les «vertus» de l’âme. Une autre explication a été donnée, un peu plus satisfaisante, c’est que les «ouvriers de la première heure» représentent les Israélites, avec lesquels Dieu a fait alliance» de longue date, tandis que les ouvriers de la onzième heure représentent les «païens» nouvellement convertis, et qui n’ont pas eu à supporter les rigueurs de la Loi …
Mais cette seconde explication ne tient pas compte des diverses insertions de groupes de travailleurs au cours de la journée, groupes de plus en plus tardifs qui eux aussi sont plus favorisés que les ouvriers de la première heure, étant payés avant eux. Nous rappelons pour mémoire les traits essentiels de cette parabole: Le Maître de la Vigne loue, au début de la journée de travail, des ouvriers afin que ceux-ci aillent travailler à sa vigne, et convient comme prix de leur salaire, d’un denier par jour. Puis, à mesure que le jour s’avance, il engage successivement des groupes d’ouvriers qui étaient inemployés. Enfin, à la onzième heure, il engage encore un dernier groupe d’ouvriers. Au moment de la paie, le Maître appelle les ouvriers, en commençant par les derniers, car, dit- il, «les derniers étaient le premiers», et il leur remet comme salaire le prix qui était convenu pour la journée de travail entière, c’est à dire un dernier.
Nous soupçonnons tout de suite que le Maître de la Vigne c’est Dieu. De plus le symbolisme attaché à la vigne nous aide à comprendre que cette plante a une signification cosmogonique. Dans le grain de raisin, sphère nourricière comparable à la sphère de substance Maternelle dans laquelle l’Univers se manifeste, est créé, se trouve au centre le pépin, et celui-ci a la forme d’un symbole masculin. Dans le symbolisme de l’Eucharistie, le jus de la grappe représente la vie omniprésente qui circule dans tout l’Univers, tout comme la sève qui nourrit fleurs et fruits est comme le sang qui dans nos corps nourrit la vie multiple et une de nos cellules. Ainsi la vigne à laquelle le Maître envoie travailler les ouvriers est la représentation de l’univers créé, le champ d’évolution des consciences. La journée de travail représente un «Grand Cycle» de l’Evolution, une Dispensation. (Souvenons – nous du passage de l’Ancien Testament qui dit que pour Dieu un jour c’est mille ans)
Ce Cycle commence par la mise au travail de ceux dont la première expérience humaine après l’individualisation, et qui n’ont pu être incorporés dans le courant de l’évolution de la précédente Dispensation, parce que celle-ci avait atteint à ce moment- là un niveau trop élevé pour que des âmes aussi jeunes et inexpérimentées puissent se développer, de la même manière qu’on ne pourrait faire suivre une classe de l’enseignement secondaire à des enfants de l’école maternelle. Au cour du «Grand Cycle» précédent, il y avait eu des cycles mineurs qui s’étaient succédés et s’étaient terminés par des «jugements éliminatoires». De même que les âmes trop jeunes nouvellement individualisées n’avaient pu être placées dans le courant évolutif et étaient restées «en attente» dans un sommeil sans rêve, de même les âmes qui n’ont pas satisfait à cette fin de cycles mineurs, n’ont pu poursuivre leur évolution et ont été aussi «mises en attente». Rappelons que dans le second récit de la création, dans la Genèse, l’homme est créé «de la poussière de la terre», avant que les végétaux apparaissent. Dieu souffle sur cette forme et celle-ci devient «une âme vivante». Ce verset résume en raccourci l’évolution à travers les règnes minéral, végétal et animal et le moment où la créature devient «une âme vivante», correspond à ce que nous appelons l’individualisation. Individualisation qui est le produit d’une longue évolution antérieure à partir de la conscience minérale.
Il y a eu ainsi plusieurs jugements de fin de cycles, et ceux qui ont été soustraits au courant évolutif pour ne pas y avoir satisfait et avoir été mis en attente, sont représentés par les groupes d’ouvriers des heures successives dans le récit de la Parabole. On nous dit que «les premiers sont les derniers, et les derniers les premiers». Cela veut dire que chaque groupe d’ouvriers inséré à un «moment» de l’évolution qui est la durée du jour, est en avance sur le flux de cette évolution, sage disposition qui permet à ce nouveau groupe qui s’y insère de pouvoir guider ses compagnons et se mettre à leur tête. Les ouvriers de la onzième heure étaient donc les plus évolués. S’ils n’avaient pas peiné depuis le début de la présente journée, ils avaient éprouvé au cours du cycle précédent toutes les difficultés que les ouvriers de la première heure avaient rencontrées depuis le début du jour. Il n’ y avait ainsi aucune injustice à ce qu’ils atteignent les premiers la récompense promise, et après eux, les ouvriers de la Neuvième Heure, puis ceux des heures précédentes, jusqu’à ce que les ouvriers de la Première heure soient enfin appelés pour toucher leur salaire.
Deux autres paraboles étroitement liées, celle de la Brebis Perdue et celle du Fils Prodigue, complètent ce tableau général de l’évolution en y faisant figurer son indispensable complément: l’Involution. Les deux paraboles en effet font état d’un mouvement d’éloignement et d’un mouvement de retour.
La Parabole de la Brebis Perdue nous montre le Bon Pasteur qui laisse «dans le désert» le 99 brebis qui sont restées en troupeau pour aller à la recherche de la brebis qui s’est égarée. Il peut paraître étrange que le gros du troupeau se trouve «dans le désert où ne se trouve ni nourriture ni boisson, ni élément procurant la vie. Ici le «désert» symbolise le monde de l’Absolu dans lequel résident les Monades qui sont «demeurées dans le sein du Père». (Bien entendu ceci n’a de signification qu’en les considérant comme un symbole d’un «avant» et d’un «après» dans un processus éternel, car les Monades engagées dans le processus d’Involution et d’Evolution «contemplent la Face du Père Céleste»; la grande aventure de la Monade sur la voie de la Séparation et du Retour est un voyage immobile). Par contre, la «Brebis Perdue» représente le même symbole que celui d’Adam qui par désir de connaissance a quitté le monde protégé de l’Eden pour faire l’expérience de loi du Bien et du Mal.
La Brebis Perdue a donc quitté le désert, sans doute en quête de nourriture, de vie, de fraîcheur et d’expérience, et cette recherche est la quête de l’Homme Parfait qui partage volontairement sa grandeur spirituelle avec ceux qui foulent la voie du retour, et ce partage correspond à l’idée de rédemption telle que la théologie de l’Immanence la propose. C’est ainsi que les Grands Etres vont à la rencontre de tous ceux qui s’approchent de Dieu et dont ils perçoivent l’appel comme la plainte de la Brebis qui monte vers Maître du Troupeau. Lorsque le Bon Berger a ramené la Brebis Perdue, il se réjouit et convie ses amis à partager sa joie, ces amis qui sont le symbole de la prodigieuse unité qui assemble ceux qui, collectivement, constituent le Royaume des Cieux, la Véritable Communion des Saints.
Sur le plan divin, le Bon Berger est le Verbe Créateur, celui qui a rompu pour nous l’Unité de Son Corps Mystique, qui est l’Arbre de Vie, le courant de la Vie Collective des Monades. Le flot incessant de Vie qui le quitte et qui sans cesse retourne à Lui après avoir accompli le grand voyage immobile constitue une pression constante, le Vie Incarnée du Verbe dans l’Evolution avec Laquelle il s’identifie, et ce courant, cette force de transformation, c’est dans notre théologie de l’Immanence, le sens cosmique de la Rédemption.
Nous voyons que le retour de la Brebis Perdue se fait dans la Joie de l’Unité retrouvée. Par ce trait final, cette Parabole se rapproche d’une autre, l’une des plus riches de significations secrètes qui se trouve dans l’Evangile, la Parabole du Fils Prodigue.
Relisons-la: «Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père: mon père, donne - moi la part du bien qui doit me revenir. Et le père leur partagea son bien. Peu de jours après, le plus jeune ayant rassemblé tout ce qu’il avait, partit pour un pays lointain, et il y dissipa son bien en vivant sans la débauche. Lorsqu’il eut tout dépensé, une grande famine survint dans le pays, et il commença à sentir le besoin. S’en allant donc, il se mit au service d’un habitant du pays, qui l’envoya à sa maison des champs pour garder les pourceaux. Il eut bien voulu se rassasier des carouges que mangeaient les pourceaux, mais personne ne lui en donnait. Alors, rentrant en lui-même, il dit: Combien de mercenaires de mon père ont du pain en abondance et moi je meurs ici de faim! Je me lèverai et j’irai à mon père, et je lui dirai: Mon père, j’ai péché contre le ciel et envers toi; je ne mérite plus d’être appelé ton fils; traite – moi comme l’un de tes mercenaires. Et il se leva et il alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit, fut tout ému, il accourut, se jeta à son cou et le couvrit de baisers. Son fils lui dit: Mon père, j’ai péché contre le ciel et envers toi, et je ne mérite pas d’être appelé ton fils. Mais le père dit à ses serviteurs: apportez - lui la plus belle robe et revêtez–en lui; mettez-lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds. Amenez aussi le veau gras et tuez-le; faisons un festin de réjouissances; car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie; il était perdu et il est retrouvé. Et ils se mirent à faire fête. Or le fils aîné était dans les champs; comme il revenait et approchait de la maison, il entendit de la musique et des danses. Appelant un des serviteurs, il lui demanda ce que c’était. Le serviteur lui dit: ton frère est arrivé et ton père a tué le veau gras parce qu’il l’a recouvré sain et sauf. Mais il se mit en colère et ne voulut pas entrer. Le père sourit donc et se mit à le prier. Il répondit à son père: voilà tant d’années que je te sers sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’ as donné à moi un chevreau pour festoyer avec mes amis. Et quand cet autre fils qui a dévoré ton bien avec des courtisans arrive, tu tues pour lui le veau gras!
Le père lui dit: mon fils, tu es toujours avec moi, et tout ce que j’ai est à toi. Mais il faillait bien faire un festin et se réjouir, parce que ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie.
La part d’héritage qui a été remise au Fils Prodigue, c’est la Nature Divine qui fait de la créature, à quelque degré de l’échelle qu’elle se trouve, un Fils de Dieu en puissance. Cette Nature Divine, qui est à la fois Une et Indivisible, et qui est cependant partagée entre tous, tout comme la Sainte Hostie, à l’Eucharistie, image de la création ou partage de l’Unique entre les multiples, demeure le seul corps du Christ malgré toutes ses fragmentations.
C’est bien à cause du caractère fondamental de cette Unité, qui ne peut être perdue, que le Fils Prodigue, à son retour, retrouve l’héritage perdu et au-delà, puisque la «robe la plus belle» la robe de gloire lui est remise, ainsi que l’anneau et les sandales, symboles de la toute puissance dans le monde spirituel, le monde psychique et le monde matériel. C’est donc en apparence seulement que le fils prodigue a dissipé sa part d’héritage. Et que signifie cette dissipation?
On a bien compris que le Père représente Dieu. Le Fils Prodigue est alors la Monade(qui deviendra une Monade Humaine) sur la voie de l’éloignement. Puisqu’à la fin du pèlerinage il retrouve son héritage, c’est donc qu’il ne l’avait dissipé qu’en apparence seulement. Que signifie cette dissipation? De même qu’Adam abandonne le Paradis de l’Unité inconsciente avec Dieu pour choisir la voie qui mène à la connaissance du bien et du mal, de même le Fils Prodigue abandonne la Maison du Père, l’Unité avec Dieu, pour connaître un monde qui est décrit comme inférieur. Comment peut-il connaître le monde? En s’identifiant avec lui, ce qui, dans la parabole, est représenté par l’attrait invincible pour le plaisir.
Or la Monade n’est pas du «monde». Elle réside «dans le désert», sans rapport avec la vie extérieure manifestée. Mais elle veut connaître le monde et ses lois, un monde qui est fait de matière manifestée, de matière rendue «objective», ayant pour les créatures toute l’apparence d’une réalité, alors qu’elle n’est qu’une illusion suscitée par le pouvoir créateur de la Trinité au sein de la Réalité de l’Absolu. Car la Materia Prima, la Lumière créée par l’énergie du Verbe et qui s’évanouira lorsque le Verbe reprendra Son souffle à la consommation de l’Univers, est façonnée en atomes de densité croissante par le Mouvement Divin, l’Energie de Dieu le Saint Esprit.
Ainsi, la passion pour les plaisirs du monde représente la volonté de la Monade de se lier aux états de la matière par lesquels le monde peut être compris, rendu intelligible par les mécanismes mêmes qui le constituent, c’est à dire à la matière mentale et aux états de matière par lesquels ils lui sont inférieurs.
Le «Fil de Vie» venant de la Monade(qui dans l’Ecriture Chrétienne est mentionné dans l’Ecclésiaste sous le nom de «Cordon d’Argent» s’est naturellement lié tout d’abord aux atomes des mondes spirituels, liaisons qui constituent ce qu’on appelle parfois dans le langage des occultistes, la «Triade Supérieure», chaque point de liaison étant un «point d’entrée» des influences divines dans la conscience de la créature, chaque point d’entrée étant en rapport avec l’une des Trois Personnes de la Trinité, constituant la «Semence» divine dans la créature, et au stade de l’Individualisation humaine, les éléments de base de la constitution de ce qui sera l’Ego Réincarnateur, le Moi Spirituel Immortel.
Cependant, dans les Mondes purement spirituels,nul être ne peut faire l’expérience de sa propre identité. Car cette expérience, absolument nécessaire à la réunification en toute science et conscience avec le Divin, ne peut avoir lieu dans le monde où tout est unité.
La «dissipation de l’héritage» correspond à un oubli de plus en plus profond de la nature divine qui est la fondation de chaque créature; à mesure que l’attention de l’Unité Divine ou Monade se tourne vers les mondes de la Manifestation de plus en plus bas, jusqu’à ce que soit atteint le point tournant de ce mouvement qui peut être représenté par une parabole qui part de l’Alpha de l’Inconscience du Non Manifesté jusqu’à l’Oméga du retour triomphant à l’Absolu dans la Toute Conscience. Ce point tournant est marqué dans le récit de la Parabole par le moment d’extrême désespoir du Fils, ayant épuisé toutes ses réserves, se trouve dans le dénuement le plus complet et regarde vers la Maison de Son Père.
Dans la Parabole, ce Point Tournant est représenté par le moment où le Fils Prodigue n’a même pas à sa disposition la nourriture des pourceaux, les semences de carouge, ce qui veut dire la conscience du règne végétal. Autrement dit, le point central de la courbe est la station dans le règne minéral, alors le Père pouvait dire que son fils était mort.
Alors s’ouvre le chemin du retour, et le Fils revient à la vie.
Ainsi, cette parabole qui embrasse un cycle complet de l’évolution de la conscience à travers tous les règnes de la nature parachève l’exposé secret des stades successifs qui précèdent et accompagnent les transformations graduelles de l’âme spirituelle humaine telles qu’elles sont cachées et tout à la fois révélées dans les paraboles de l’Evangile; cachées, parce que les paraboles sont destinées comme nous l’avons vu, non à la multitude mais aux disciples choisis, à ceux «qui ont des oreilles pour entendre», à ceux qui ont l’âme assez bien trempée pour ne pas être pris de vertige ou d’épouvante à contempler l’immensité de la «Grande Tribulation» mentionnée par l’Apocalypse, révélées pour indiquer la route à l’homme courageux.
Les élus sont revenus de cette Tribulation. Ils ont «blanchi leurs robes dans le sang de l’Agneau», ce sang qui est Vie Transcendante qui nous donne être et existence; Vie Unique, et pourtant séparée entre nous tous; Vie qui a tellement blanchi leurs «robes», c'est-à-dire leurs corps ou véhicules de conscience, âmes psychiques aussi bien que corps physiques, que ceux-ci sont devenus comme transparents, de sorte que la lumière intérieure révélée de l’homme divinisé resplendisse aux yeux des hommes et se fonde dans la Lumière Infinie.
Mgr. LHOTE - LE FIL CONDUCTEUR ou la Doctrine de la Réincarnation dans les paraboles de l’Evangile.
1ère Edition-1974; 2ème Edition–Novembre 1989.
Sites utiles:
http://urobore.free.fr/entree.html
http://www.aqbv.org/index.html
www.spiritualwill.org (signale d'autres sites)